Consternation généralisée au Bas-Saint-Laurent-Baisse de 31 % de la possibilité en forêt publique
Mardi 19 décembre 2006De passage à Matane jeudi, le Forestier en chef du Québec Pierre Levac est venu expliquer ses nouveaux calculs sur la possibilité forestière pour les années 2008-2013. Le Bas-Saint-Laurent est l’une des régions les plus touchées avec une baisse de 11 % qui s’ajoute à la coupure déjà effective de 20 % de 2005. La possibilité forestière en résineux est pour sa part diminuée de 37 %.
Pour arriver à ces chiffres, le Forestier en chef a dû tenir compte d’une série de facteurs : orientations ministérielles, ententes spécifiques avec les nations autochtones, aires protégées et perturbations naturelles liés aux insectes et incendies. Toutefois, les chiffres du Forestier sont inférieurs de 3,8 % à ceux projetés par Forêt-Québec. « Nous avons repris l’ensemble des calculs et apporté des corrections. Les écarts s’expliquent par la technique mathématique utilisée qui produisait des distorsions importantes », affirme M. Levac.
Au Bas-Saint-Laurent, la diminution de 31 % s’explique principalement par la perte de superficie pour 5,4 %, la coupe en mosaïque qui a un impact majeur de 9,4 %, la révision du vieillissement de la ressource ainsi que la révision des rendements escomptés des plantations pour environ 7,3 %. De plus, le Forestier en chef souhaite garder des îlots de vieillissement et constituer une réserve pour anticiper les pertes liées aux feux de forêt et aux insectes.
Pas de surexploitation
Pierre Levac a aussi tenu à expliquer que cette nouvelle baisse n’est pas attribuable à la surcoupe. « C’est clair qu’il n’y a pas eu de surexploitation depuis la dernière baisse d’approvisionnement. Les gens qui disent cela, il y a des choses qu’ils n’ont pas compris ».
Il avoue cependant que les nouveaux calculs ne peuvent pas être précis. « Le logiciel Sylva était bon dans une certaine limite et nous sommes demeurés à l’intérieur de ces limites. Même si l’étude n’est pas parfaite, elle est cependant plus parfaite que d’avoir attendu encore deux ans », mentionne Pierre Levac, qui indique que le prochain exercice sera réalisé avec un nouveau logiciel plus sophistiqué.
Le MRN mettra en application
Le ministère des Ressources naturelles entend mettre en application les constats du Forestier en chef. Les industriels de la région seront rencontrés en janvier. Un plan général sera préparé au cours de l’hiver et sera soumis à une consultation à l’été. Les industriels devraient connaître leur sort à l’automne 2007.
L’industrie forestière abattue
La diminution de baisse forestière de 31 % est accueillie avec déception par les industriels du bois qui estiment que le Forestier en chef a plié devant les fortes pressions du public et n’a pas tenu compte des particularités régionales.
Gérald Baril de la scierie Richard Pelletier de Squatec au Témiscouata estime que la possibilité en résineux dans l’ouest du Bas-Saint-Laurent diminuera de 50 %. Il dit ne pas comprendre pourquoi l’impact soit aussi important alors que des réajustements ont déjà été faits en 2001.
Du côté de la Vallée, le directeur de la SERV, Gilles Michaud, qualifie l’annonce de très mauvaise nouvelle pour l’activité économique forestière. « C’est une baisse très importante si on se compare à d’autres régions du Québec. Cela aura une incidence économique majeure sur nos industries ». Malgré la fusion des usines de Saint-René et Saint-Vianney, la scierie Multibois de la SERV ne sera pas épargnée. « La fusion permettra d’amoindrir l’impact, mais ça ne règle pas tout. Les travailleurs auront quelques semaines de travail en moins », indique M. Michaud.
Représentant de l’industrie forestière à la Conférence des Élus du Bas-Saint-Laurent, Gilles Michaud indique que la coupe mosaïque proposée par le Forestier en chef n’est pas appropriée à notre région et qu’il existe d’autres façons pour atteindre les mêmes objectifs de foresterie durable. Il estime que la décentralisation de la gestion forestière avec les commissions forestières régionales permettra éventuellement de faire des correctifs qui tiendront compte des particularités régionales.